la philosophie de Frère Adam : “Donne sans attendre de retours”.

L'abeille de Buckfast

L’abeille dite « Buckfast » tire son nom de l’abbaye de Buckfast située dans le sud-ouest de l’Angleterre dans le comté du Devon.

Cette abeille a été initialement développée par un moine de cette abbaye, Frère Adam.

  1. Un peu d’histoire

Le 3 Août 1898, Karl Kehrlé, futur Frère Adam, naît à Mittelbiberach [9°45’E;48°05’N], Allemagne du Sud, à 66km au Nord du Lac de Constance. [Lien]

Enfant, il s’intéresse déjà aux abeilles.

1900 : Alors que Mendel [lien] est mort depuis déjà 15 ans (1884), trois chercheurs re-découvrent les Lois de Mendel, jusqu’à présent occultées par la communauté scientifique.

Pour mémoire, les travaux de ce moine autrichien furent publiés en 1865. 

Les lois de Mendel sont à la base de la théorie des croisements qui seront menés par le Frère Adam. 

Depuis 1882, l’abbaye de Buckfast, très dégradée, est en reconstruction.

Cette Abbaye située dans le Devon, possède un rucher peuplé principalement de la race d’abeilles noires indigènes, dirigé par Frère Columban.

Le climat du sud-ouest de l’Angleterre est extrêmement humide. 

Dans cette région, les hivers enneigés et les étés longs et chauds sont inconnus. 

La pluviométrie annuelle moyenne est de 160 cm! (par rapport à environ 75 cm en France).

L’humidité extrême ainsi que le manque chronique d’ensoleillement imposent des exigences très particulières à nos abeilles. 

Une abeille sujette aux acariens de la trachée, à la nosémose ou à la paralysie ne peut pas être maintenue dans ces conditions climatiques.

Les températures douces causées par l’influence du Gulf Stream posent des problèmes particuliers aux abeilles. 

Les colonies qui se développent trop tôt sont facilement atteintes de nosémose et y succombent.

En Mars 1910, Karl Kerlé, désormais Frère Adam, rejoint l’Abbaye de Buckfast.

Les abeilles italiennes et carnioliennes, déjà sélectionnées, remportent un grand succès en Europe car ces colonies très fécondent élèvent de grosses populations d’abeilles.

Les reines d’origine italienne, fécondées par des mâles d’abeilles locales, ont la réputation de produire des récoltes importantes.

Le rucher de l’Abbaye a reçu quelques reines italiennes et carnioliennes pour tester ces abeilles.

En 1913, une maladie, nommée « Mal de L’île de Wight » se répand dans le Royaume-Uni

Cette maladie, l’acariose, ou l’acarien des trachées, décime profondément les colonies d’abeilles du pays.

De corpulence plutôt frêle et manquant de force pour aider aux travaux de reconstruction de l’abbaye, c’est en 1915 que Frère Adam est désigné comme assistant du Frère Columban, très affaibli par le poids des années.

L’acariose est tellement virulente qu’à l’automne, le responsable apicole du Comté prédit que la quasi-totalité des colonies du rucher seront mortes au printemps.

1916, la prédiction du responsable apicole du Comté se réalise.

Au printemps il reste 16 colonies sur 46.

Toutes les abeilles noires ont succombé à la maladie.

Les seules colonies survivantes sont de souches italiennes ou carnioliennes ou des reines de ces origines fécondées par des mâles d’abeilles noires anglaises.

A l’époque, les apiculteurs pensent que les reines sont fécondées par un seul mâle.

Pragmatiquement, le Frère Adam, multiplie des meilleures colonies qui ont survécu.

Il s’agit de reines issues de Ligustica de couleur brune, provenant du nord de l’Italie dans la région proche de la savoie.

La fécondité des reines italiennes permettra au Frère Adam de reconstituer le cheptel de l’abbaye, le portant à une centaine de colonies fin 1917.

C’est l’embryon de ce qui va devenir l’abeille de Buckfast.

Fin de saison 1919, le Frère Columban prend sa retraite et c’est tout naturellement que le Frère Adam se voit confier la responsabilité du rucher de l’abbaye.

Proactif dans l’amélioration de cette activité, le Frère Adam découvre en 1920, le livre du Professeur Armbruster, « Bienenzüchtungskunde ».

L’élevage apicole, une science, un art !    [Lien]

L’acariose est toujours présente. La sensibilité des colonies à cette maladie est variable.

Le Frère Adam sélectionne toujours les colonies qui sont les moins sensibles.

C’est également en 1920 qu’il menera des tests avec des abeilles Chypriotes, dans l’espoir d’améliorer la tolérance des abeilles à cette maladie.

En 1922, il remarque que lorsque les colonies sont disposées en ligne, cela engendre un phénomène de dérive aux extrémités.

Ceci faussant  l’évaluation des performances, il choisit de disposer ses colonies par 4, avec les ouvertures dirigées dans 4 directions différentes.

En 1924, le Frère Adam postule que les reines n’ont pas assez de place dans les ruches British standard pour exprimer tout le potentiel de leur fécondité.

Afin de comparer le format British standard au format Dadant, il convertit la moitié de son cheptel en Dadant 12 cadres (60 ruches).

L’adoption du format Dadant 12 cadres sera décisif, car il offre une grande surface de ponte ainsi que le volume pour stocker suffisamment de miel pour le long hivernage du Devon.

1925, il établit une station de fécondation dans la lande du Dartmoor. 

Cette zone géographique isolée est un désert apicole qui garantira la qualité des fécondations naturelles des reines de Buckfast.

Au plus fort de la saison la station compte plus de 500 colonies qui sont hivernées sur place.

A la sortie de l’hiver, après une impitoyable sélection, les 300 meilleures reines rejoignent les ruches de production.

Tout ce travail de sélection va permettre au Frère Adam de développer un nouvel écotype d’abeille, parfaitement adapté aux rudes conditions climatiques du Devon.

Ses abeilles au départ hybrides sont ainsi stabilisées et cette population très homogène, répond aux objectifs d’efficacité économique requis.

En regardant de près, l’accariose, aura permis au Frère Adam d’augmenter la fécondité de ses abeilles par l’apport de génétique italienne, les mâles noir anglais apportant la rusticité requise pour survivre dans ces lieux .

Toutefois, le frère Adam cherche à améliorer son abeille pour retrouver cette operculation haute et blanche, propre à l’abeille noire anglaise.

Il est également attentif à conserver les qualités de rusticité et de fécondité qu’il a stabilisé.

En 1929, il reçoit de France une reine d’abeille noire du Gâtainais au sud-ouest de Paris.

L’apiculteur qui élève ces abeilles, utilise des ruches 15 cadres Layens.

Cet écotype d’abeille noire satisfait aux critères de fécondité et de rusticité.

C’est en 1930 qu’il croise une reine française avec des mâles Buckfast.

Dans la génération F2, il choisira une reine qui se distingue particulièrement et présente les caractères recherchés.

A partir de cette reine 120 filles naîtront en couveuse et seront directement sélectionnées sur leur couleur.

Seules 200 filles, seront conservées et fécondées par des mâles du même croisement, eux mêmes également triés sur leur phénotype.

Sur les 200 filles, 2 seront retenues.

L’une brun cuir sera progressivement intégrée par la suite à la souche Buckfast.

L’autre d’une couleur jaune dorée et d’une grande douceur sera écartée car sensible à Acarapis woodi, l’acarien des trachée, responsable de l’acariose.

Dans ses écrits, le Frère Adam fait remarquer que cette reine dorée était issue d’une mère noire comme le charbon et terriblement agressive.

Lors d’une conférence à Bordesholm en 1989, le Frère Adam expliquait :

« La combinaison de couleur brun cuir s’est avérée quasi immunisée contre l’acariose et nous a étonnés à beaucoup d’autres égards.  

Elle est une des combinaisons qui a exercé une influence déterminante sur le développement de l’abeille Buckfast actuelle.  

Cet exemple montre en outre que c’est en pratiquant les croisements que l’on peut créer des assemblages de caractères impossibles à obtenir autrement.  

Cette pratique d’élevage est la seule qui puisse satisfaire nos exigences modernes.  

Surtout en ce qui concerne la lutte contre les maladies des abeilles. »

En 1943, toutes les souches Buckfast sont des descendantes de la reine française du Gâtinais.

L’ADN mitochondrial de ces reines est de type M (abeille noire) alors que l’ADN nucléaire, le patrimoine génétique total de l’abeille de Buckfast, est constitué de gènes d’abeille italienne et d’abeille noire anglaise.

Cette souche constitue le nouvel écotype de l’abeille du Devon, parfaitement stabilisée, rustique et résistante à l’acariose.

Ainsi, le Frère Adam démontre que les barrières naturelles (lande du Dartmoor) et la sélection (critères économiques et de rusticité) permettent d’obtenir un nouvel écotype parfaitement adapté à son environnement.

C’est en 1948, que l’abbaye de Buckfast collabore avec le Dr O. Mackenson.

Celui-ci vient de découvrir l’insémination instrumentale.

Des essais d’insémination sont réalisés à Buckfast.

Cette nouvelle technique offre des perspectives nouvelles et décuple la capacité d’étude de combinaisons de croisements.

A partir de 1950, le Frère Adam va entreprendre des voyages en France, Suisse, Autriche, Italie, Sicile et Allemagne.

Il étudie ainsi les abeilles du vieux continent, dans leur environnement, et choisira sur place les meilleurs éléments, qui seront testés à Buckfast en vue d’une éventuelle intégration à la souche Buckfast.

En 1952, il visite l’Algérie, Israël, la Jordanie, la Syrie, le Liban, Chypre, la Grèce, la Crète, la Slovénie et les Alpes liguriennes.

En 1954, il se rend en Turquie et dans les îles Egées et en 1956, ce qui se nommait à l’époque la Yougoslavie.

C’est en 1959, qu’il intègre une combinaison de Cécropia à la souche Buckfast.

En 1960, des tests sont organisés avec l’abeilles anatolienne.

En effet, le Frère Adam dira de cette abeille turque, qu’elle possède toutes les qualités de l’abeille noire (vitalité, longévité, instinct d’amassage), sans les défauts (essaimage, agressivité, mobilité au cadre, maladie de couvain)

Ce n’est qu’en 1967 qu’une combinaison d’anatolienne sera incorporée à l’abeille de Buckfast.

Si bien qu’en 1972, la quasi-totalité des abeilles de Buckfast seront de souches anatolienne, ADN mitochondrial de type C (type C : Caucasienne, Anatolienne, Carnica, Cécropia, Ligustica).

En 1971, le Frère Adam est désigné par ses pairs, comme l’un des Vice-Président de l’IBRA (International Bee Research Association).

C’est en juin 1973 qu’il est nommé Officier du O.B.E. par la Reine d’Angleterre Elisabeth II : Officer of the Most Excellent Order of the British Empire

Le 13 mai 1974, il reçoit en Allemagne (RFA) la Croix fédérale du mérite (Bundesverdienstkreuz).

Le 2 octobre 1987, alors qu’il voyage en Afrique à la recherche de la scutellata et de la monticola (Monts Kilimandjaro en Tanzanie et Kenya), il est nommé Docteur honoris causa de la Faculté Agronomique de l’Université de Uppsala.

Cette consécration le touchera profondément car le touche profondément car c’est pour lui la marque officielle du caractère scientifique de ses recherches.

Le 13 juillet 1989, il est nommé Docteur honoris causa de la Faculté Agronomique de l’Université de Exeter (Devon, UK) (Discours de présentation par le Professeur Swanson)[Lien].

Et le 29 Octobre 1989, il donnera une conférence dans le cadre du Congrès des apiculteurs Buckfast à Bordesholm. 

Ces recommandations sont actuellement considérées comme son testament par la communauté des éleveurs d’abeilles Buckfast.[Lien]

2 – Bibliographie Française du Frère Adam :

 (1980) Ma Méthode d’Apiculture

Le Courrier du Livre, Paris, France, éd.; 108 pages. 35 photographies. ISBN 2 7029 0101 8 Traduction de Meine Betriebsweise (1978) : Paul Florence, collaboration Raymond Zimmer et Pierre Toussaint.  Préface de Charles GOETZ

Ce livre est le fruit de soixante années de pratique apicole avec toutes les races connues du monde.  L’auteur fait un exposé général sur l’apiculture telle qu’elle est pratiquée au monastère de Buckfast, c’est-à-dire que chaque détail des équipements, chaque manipulation et chaque aspect de la conduite de la ruche a été étudié de manière à obtenir le meilleur résultat avec le moins d’effort et de perte de temps.

Une des toutes premières tâches de l’apiculteur doit être d’étudier les comportements de l’abeille et de s’y adapter lui-même, s’il souhaite réussir.

Il comporte de plus tout un chapitre sur sa méthode originale de préparer l’hydromel.  Adaptacao para o Portugues Nossa Receita de Hidromel, por Rogério Luis Brochado Abreu.

(1980) A la Recherche des Meilleures Races d’Abeilles.

Le Courrier du Livre, Paris, France, éd.; 192 pages.  Nombreuses photographies. ISBN 2 7029 0090 9 Traduction de Auf der Suche nach den besten Bienestämmen (1966); Edition en Anglais en 1968.

Grâce à de nombreux voyages de recherche effectués depuis 1950, le Frère Adam a apporté une contribution décisive à la connaissance des meilleures races d’abeilles.

Ce livre traite d’un aspect de la science apicole qui, d’un point de vue tant pratique que scientifique, n’avait pas encore été abordé dans un ouvrage similaire.  Le système d’apiculture du Frère Adam doit son succès non seulement à sa profonde connaissance de l’abeille mais aussi à son talent d’organisateur et à ses compétences techniques.  Le Frère Adam est le seul à disposer actuellement d’une telle somme de connaissances sur les différentes races d’abeilles.

Le présent ouvrage sera pour tout apiculteur intéressé par l’élevage, une mine d’informations ainsi que le plus passionnant des récits de voyages accomplis par un apiculteur, aussi bien en Europe qu’au Moyen Orient, en Afrique du Nord, etc.  C’est pourquoi il occupera sans nul doute une place importante dans la littérature apicole contemporaine.

(1985) Les Croisements et l’Apiculture de Demain.

Syndicat National d’Apiculture, Paris, éd.; 128 pages.  Traduction de Die Bienen Züchtung (1982) par MM. Paul Florence et Sitbon, collaboration Raymond Zimmer et Pierre Toussaint.

(1988) The monk and the honeybee (Film)   

DVD ISBN: 1-59458-827-9     

VHS ISBN: 1-56029-014-5

3 – Les qualités de la Buckfast

D’après le Frère ADAM, Les croisements et l’apiculture de demain

Qualités préconisées par le Frère Adam, devant guider l’éleveur de Buckfast dans sa sélection.

Trois groupes de qualités sont requises par le Frère Adam pour son abeille, selon leur valeur économique.

Le premier groupe comprend les qualités essentielles dont dépend le rendement.

Le second, les qualités de moindre importance mais qui ont néanmoins une influence directe sur les performances des colonies.

Le troisième, par contre, comprend les qualités déterminantes sur le plan de la technique d’exploitation.

Bases du rendement : Qualités essentielles.

Fécondité.

    Ce sont les ouvrières qui, à tous les niveaux de la vie de la colonie, sont le gage du potentiel de la ruche. […] Une reine, qui, de fin mai à fin juillet, ne remplit pas de couvain neuf à dix rayons Dadant (46 x 27 cm) ne satisfait pas à nos exigences.

Zèle ou ardeur à butiner.

    Rien ne sert d’avoir des abeilles en grand nombre si elles ne sont dotées d’un zèle infatigable. […] D’un point de vue génétique, une forte consanguinité pour intensifier cette qualité peut avoir une influence très négative sur l’ardeur au travail, au point même de la bloquer.

Résistance à la maladie.

    Une ruche touchée par une maladie quelconque ne peut évidemment jamais donner le maximum possible.

Dans la catégorie « résistance aux maladies et parasites » le caractère hygiénique d’une souche est décisif pour lutter contre les maladies à spores. 

C’est-à-dire la capacité à détecter la maladie et nettoyer les larves et nymphes atteintes, avant que la maladie ne spirale ( développe des spores).

Car si des spores sont présentes, les abeilles nettoyeuses vont répandre la maladie dans toute la ruche.

Dans la même catégorie le caractère de détection et élimination des varroas reproducteurs est également une caractéristique décisive pour l’adaptation de l’abeille.

Aujourd’hui la race Buckfast est l’une des premières à faire l’objet d’un travail de sélection en vue de la rendre résistante au varroa.

D’autres initiatives ont lieu sur la race carnica. Et depuis 3 ans quelques apiculteurs tentent d’appliquer les mêmes méthodes de sélection sur l’abeille noire.

Lenteur à essaimer ou anecballie.

    Pour une exploitation moderne, une lenteur à essaimer significative est une condition préliminaire indispensable. […] 

    D’un point de vue réaliste, une remarquable lenteur à essaimer est préférable à un surplus modeste de récolte. 

Qualités d’importance secondaire

Longévité.

Puissance de vol.

Sens de l’odorat développé.

Sens de la défense.

Résistance aux intempéries, à l’hiver.

Développement printanier.

Sens de l’épargne.

Auto-approvisionnement.

Mode de stockage du miel.

Ardeur à construire.

Tendance à collecter le pollen.

Longueur de la langue.

Qualités importantes pour la technique d’exploitation.

Douceur.

Calme et tenue sur cadre.

Faible utilisation de la propolis.

Régularité des constructions.

Sens de la propreté.

Operculation haute du miel.

Sens de l’orientation.

4 – Buckfast et notion de race

En mariant des abeilles de la même race on obtient la même race, c’est-à-dire que l’on constate que les caractéristiques de la race sont préservées.

Lorsqu’on reproduit une Buckfast avec une autre Buckfast, on obtient une Buckfast c’est à dire une abeille dont les caractéristiques sont celles qui ont été sélectionnées méthodiquement et regroupées dans la Buckfast, de la même manière que l’aurait faite la nature. Ainsi la Buckfast est une race d’abeilles. Comme pour toutes les autres races d’abeilles, il existe des variations selon les éleveurs ou les groupes d’éleveurs, car chaque sélection est orientée pour rester adaptée à  l’environnement. On peut ainsi parler d’écotype de Buckfast.

Il est totalement illusoire de penser qu’une race d’abeilles puisse être adaptée et autonome dans tous les biotopes et sous tous les climats.

Le Frère Adam nous a montré la voie :

Sélectionner et maintenir des caractéristiques d’une abeille en lignée pure et en parallèle réaliser des combinaisons de croisements pour aller chercher d’autres caractéristiques utiles. Ce n’est qu’après l’élimination progressive des défauts, que ces caractères peuvent être intégrés à la Buckfast, toujours pour continuer et maintenir son adaptation à son environnement.

L’œuvre du frère Adam est monumentale avec des lignées d’abeilles de près de 60 ans et le développement d’une communauté apicole internationale œuvrant pour les mêmes concepts d’optimisation de leurs abeilles par rapport au milieu dans lequel elles évoluent.

“Notre but final est de produire une abeille qui nous donnera récolte moyenne constante maximale avec un minimum d’effort et de temps de notre part.” Ainsi Frère Adam définissait-il en 1952 sa quête.

La mondialisation des activités humaines induit une mondialisation de la génétique , des maladies et parasites. 

Lorsque plusieurs races d’abeilles sont regroupées géographiquement, les croisements incontrôlés engendrent des abeilles hybrides qui ne sont pas nécessairement adaptées à l’environnement dans lequel elles évoluent. Comme l’Homme intervient constamment pour combler leurs carences ( traitements, nourrissement, compléments alimentaires…) elles ne s’adaptent jamais, d’autant plus que l’introgression génétique ne cesse jamais. 

Ainsi peut-on considérer que l’abeille Buckfast est une race d’abeilles vertueuse dont les qualités ont été assemblées patiemment afin de regrouper des caractéristiques économiques et de rusticité qui sont maintenues par une sélection impitoyable, comme la nature le ferait.

Ceci implique un contrôle total des fécondations qui peuvent être organisées sur des îles, soit en procédant par insémination instrumentale.

L’élevage des abeilles Buckfast continue de s’écrire sur la philosophie de Frère Adam : “Donne sans attendre de retours”. Cette communauté reste liée par le partage de ses souches et de son savoir technique.

La communauté, très active, regroupe de nombreux éleveurs apicoles qui continuent de s’échanger de nouvelles souches et d’améliorer ainsi la génétique de leurs abeilles.

Les pedigrees de ces éleveurs sont regroupés sur Index Mellifera

5 – La Buckfast en Ile de France ? Les engagements de notre entreprise apicole.

5.1. Dans la continuité de Frère Adam :

Très séduite par la philosophie du Frère Adam, notre entreprise apicole a développé un cheptel essentiellement composé de reines Buckfast toutes issues d’éleveurs implantés en île de France.

Le long travail de sélection par les meilleurs éleveurs franciliens, nous permet aujourd’hui de disposer de colonies d’abeilles très bien adaptées à notre région.

5.2 Pourquoi choisir nos abeilles ? :

Toujours très douces, peu essaimeuses et très productrices, les Buckfast que nous vous proposons proviennent de reines sélectionnées dans le cadre d’un programme de recherche sur la sélection d’abeilles résistantes au varroa. Ce programme national dont nous sommes partie intégrante regroupe au sein du CETA Mellifera, un pôle d’apiculteurs performants qui œuvrent tous dans un but commun et partagent l’intégralité de leurs connaissances et compétences en la matière.

Toutes les années de recherche ainsi mises à profit ont permis l’identification de reines 100% résistantes au varroa ; ce qui constitue une avancée majeure compte-tenu du fléau engendré par ce parasite venu d’Asie. Les filles de ces reines consacrées au programme de recherches ont donc la particularité d’être très hygiéniques et fortement résistantes au varroa.

Au sein de notre exploitation, nous nous engageons à pérenniser ce travail de sélection.

Par ailleurs, nous avons à cœur de ne proposer à l’achat que des abeilles Buckfast car cette abeille est véritablement l’abeille idéale pour débuter en apiculture. 

Elle est très douce et très résistante aux intempéries propres à l’île de France. De plus, elle développe une population très importante dès le printemps ce qui permet à l’apiculteur d’obtenir dès la première année d’installation une très belle récolte.

Tout au long de la haute saison, sa population ne cesse de se multiplier et peut atteindre les 80000 individus !

Avec sa jolie couleur jaune si caractéristique (elle la doit à l’une de ses ancêtres ;l’abeille italienne), et son excellent carctère (il existe très peu d’abeilles aussi douces), elle est plébiscitée par les éleveurs professionnels. 

Elles constituent vraiment un allié pour les apiculteurs débutants qui se montrent souvent un peu hésitants pour débuter leur première saison. Elle est toujours énormément appréciée et ces derniers ne regrettent jamais leur choix !  

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L'origine des abeilles "Buckfast"

L’abeille dite « Buckfast » tire son nom de l’abbaye de Buckfast située dans le sud-ouest de l’Angleterre dans le comté du Devon.

Cette abeille a été initialement développée par un moine de cette abbaye, Frère Adam.

  1. Un peu d’histoire

Le 3 Août 1898, Karl Kehrlé, futur Frère Adam, naît à Mittelbiberach [9°45’E;48°05’N], Allemagne du Sud, à 66km au Nord du Lac de Constance. [Lien]

Enfant, il s’intéresse déjà aux abeilles.

1900 : Alors que Mendel [lien] est mort depuis déjà 15 ans (1884), trois chercheurs re-découvrent les Lois de Mendel, jusqu’à présent occultées par la communauté scientifique.

Pour mémoire, les travaux de ce moine autrichien furent publiés en 1865. 

Les lois de Mendel sont à la base de la théorie des croisements qui seront menés par le Frère Adam. 

Depuis 1882, l’abbaye de Buckfast, très dégradée, est en reconstruction.

Cette Abbaye située dans le Devon, possède un rucher peuplé principalement de la race d’abeilles noires indigènes, dirigé par Frère Columban.

Le climat du sud-ouest de l’Angleterre est extrêmement humide. 

Dans cette région, les hivers enneigés et les étés longs et chauds sont inconnus. 

La pluviométrie annuelle moyenne est de 160 cm! (par rapport à environ 75 cm en France).

L’humidité extrême ainsi que le manque chronique d’ensoleillement imposent des exigences très particulières à nos abeilles. 

Une abeille sujette aux acariens de la trachée, à la nosémose ou à la paralysie ne peut pas être maintenue dans ces conditions climatiques.

Les températures douces causées par l’influence du Gulf Stream posent des problèmes particuliers aux abeilles. 

Les colonies qui se développent trop tôt sont facilement atteintes de nosémose et y succombent.

En Mars 1910, Karl Kerlé, désormais Frère Adam, rejoint l’Abbaye de Buckfast.

Les abeilles italiennes et carnioliennes, déjà sélectionnées, remportent un grand succès en Europe car ces colonies très fécondent élèvent de grosses populations d’abeilles.

Les reines d’origine italienne, fécondées par des mâles d’abeilles locales, ont la réputation de produire des récoltes importantes.

Le rucher de l’Abbaye a reçu quelques reines italiennes et carnioliennes pour tester ces abeilles.

En 1913, une maladie, nommée « Mal de L’île de Wight » se répand dans le Royaume-Uni

Cette maladie, l’acariose, ou l’acarien des trachées, décime profondément les colonies d’abeilles du pays.

De corpulence plutôt frêle et manquant de force pour aider aux travaux de reconstruction de l’abbaye, c’est en 1915 que Frère Adam est désigné comme assistant du Frère Columban, très affaibli par le poids des années.

L’acariose est tellement virulente qu’à l’automne, le responsable apicole du Comté prédit que la quasi-totalité des colonies du rucher seront mortes au printemps.

1916, la prédiction du responsable apicole du Comté se réalise.

Au printemps il reste 16 colonies sur 46.

Toutes les abeilles noires ont succombé à la maladie.

Les seules colonies survivantes sont de souches italiennes ou carnioliennes ou des reines de ces origines fécondées par des mâles d’abeilles noires anglaises.

A l’époque, les apiculteurs pensent que les reines sont fécondées par un seul mâle.

Pragmatiquement, le Frère Adam, multiplie des meilleures colonies qui ont survécu.

Il s’agit de reines issues de Ligustica de couleur brune, provenant du nord de l’Italie dans la région proche de la savoie.

La fécondité des reines italiennes permettra au Frère Adam de reconstituer le cheptel de l’abbaye, le portant à une centaine de colonies fin 1917.

C’est l’embryon de ce qui va devenir l’abeille de Buckfast.

Fin de saison 1919, le Frère Columban prend sa retraite et c’est tout naturellement que le Frère Adam se voit confier la responsabilité du rucher de l’abbaye.

Proactif dans l’amélioration de cette activité, le Frère Adam découvre en 1920, le livre du Professeur Armbruster, « Bienenzüchtungskunde ».

L’élevage apicole, une science, un art !    [Lien]

L’acariose est toujours présente. La sensibilité des colonies à cette maladie est variable.

Le Frère Adam sélectionne toujours les colonies qui sont les moins sensibles.

C’est également en 1920 qu’il menera des tests avec des abeilles Chypriotes, dans l’espoir d’améliorer la tolérance des abeilles à cette maladie.

En 1922, il remarque que lorsque les colonies sont disposées en ligne, cela engendre un phénomène de dérive aux extrémités.

Ceci faussant  l’évaluation des performances, il choisit de disposer ses colonies par 4, avec les ouvertures dirigées dans 4 directions différentes.

En 1924, le Frère Adam postule que les reines n’ont pas assez de place dans les ruches British standard pour exprimer tout le potentiel de leur fécondité.

Afin de comparer le format British standard au format Dadant, il convertit la moitié de son cheptel en Dadant 12 cadres (60 ruches).

L’adoption du format Dadant 12 cadres sera décisif, car il offre une grande surface de ponte ainsi que le volume pour stocker suffisamment de miel pour le long hivernage du Devon.

1925, il établit une station de fécondation dans la lande du Dartmoor. 

Cette zone géographique isolée est un désert apicole qui garantira la qualité des fécondations naturelles des reines de Buckfast.

Au plus fort de la saison la station compte plus de 500 colonies qui sont hivernées sur place.

A la sortie de l’hiver, après une impitoyable sélection, les 300 meilleures reines rejoignent les ruches de production.

Tout ce travail de sélection va permettre au Frère Adam de développer un nouvel écotype d’abeille, parfaitement adapté aux rudes conditions climatiques du Devon.

Ses abeilles au départ hybrides sont ainsi stabilisées et cette population très homogène, répond aux objectifs d’efficacité économique requis.

En regardant de près, l’accariose, aura permis au Frère Adam d’augmenter la fécondité de ses abeilles par l’apport de génétique italienne, les mâles noir anglais apportant la rusticité requise pour survivre dans ces lieux .

Toutefois, le frère Adam cherche à améliorer son abeille pour retrouver cette operculation haute et blanche, propre à l’abeille noire anglaise.

Il est également attentif à conserver les qualités de rusticité et de fécondité qu’il a stabilisé.

En 1929, il reçoit de France une reine d’abeille noire du Gâtainais au sud-ouest de Paris.

L’apiculteur qui élève ces abeilles, utilise des ruches 15 cadres Layens.

Cet écotype d’abeille noire satisfait aux critères de fécondité et de rusticité.

C’est en 1930 qu’il croise une reine française avec des mâles Buckfast.

Dans la génération F2, il choisira une reine qui se distingue particulièrement et présente les caractères recherchés.

A partir de cette reine 120 filles naîtront en couveuse et seront directement sélectionnées sur leur couleur.

Seules 200 filles, seront conservées et fécondées par des mâles du même croisement, eux mêmes également triés sur leur phénotype.

Sur les 200 filles, 2 seront retenues.

L’une brun cuir sera progressivement intégrée par la suite à la souche Buckfast.

L’autre d’une couleur jaune dorée et d’une grande douceur sera écartée car sensible à Acarapis woodi, l’acarien des trachée, responsable de l’acariose.

Dans ses écrits, le Frère Adam fait remarquer que cette reine dorée était issue d’une mère noire comme le charbon et terriblement agressive.

Lors d’une conférence à Bordesholm en 1989, le Frère Adam expliquait :

« La combinaison de couleur brun cuir s’est avérée quasi immunisée contre l’acariose et nous a étonnés à beaucoup d’autres égards.  

Elle est une des combinaisons qui a exercé une influence déterminante sur le développement de l’abeille Buckfast actuelle.  

Cet exemple montre en outre que c’est en pratiquant les croisements que l’on peut créer des assemblages de caractères impossibles à obtenir autrement.  

Cette pratique d’élevage est la seule qui puisse satisfaire nos exigences modernes.  

Surtout en ce qui concerne la lutte contre les maladies des abeilles. »

En 1943, toutes les souches Buckfast sont des descendantes de la reine française du Gâtinais.

L’ADN mitochondrial de ces reines est de type M (abeille noire) alors que l’ADN nucléaire, le patrimoine génétique total de l’abeille de Buckfast, est constitué de gènes d’abeille italienne et d’abeille noire anglaise.

Cette souche constitue le nouvel écotype de l’abeille du Devon, parfaitement stabilisée, rustique et résistante à l’acariose.

Ainsi, le Frère Adam démontre que les barrières naturelles (lande du Dartmoor) et la sélection (critères économiques et de rusticité) permettent d’obtenir un nouvel écotype parfaitement adapté à son environnement.

C’est en 1948, que l’abbaye de Buckfast collabore avec le Dr O. Mackenson.

Celui-ci vient de découvrir l’insémination instrumentale.

Des essais d’insémination sont réalisés à Buckfast.

Cette nouvelle technique offre des perspectives nouvelles et décuple la capacité d’étude de combinaisons de croisements.

A partir de 1950, le Frère Adam va entreprendre des voyages en France, Suisse, Autriche, Italie, Sicile et Allemagne.

Il étudie ainsi les abeilles du vieux continent, dans leur environnement, et choisira sur place les meilleurs éléments, qui seront testés à Buckfast en vue d’une éventuelle intégration à la souche Buckfast.

En 1952, il visite l’Algérie, Israël, la Jordanie, la Syrie, le Liban, Chypre, la Grèce, la Crète, la Slovénie et les Alpes liguriennes.

En 1954, il se rend en Turquie et dans les îles Egées et en 1956, ce qui se nommait à l’époque la Yougoslavie.

C’est en 1959, qu’il intègre une combinaison de Cécropia à la souche Buckfast.

En 1960, des tests sont organisés avec l’abeilles anatolienne.

En effet, le Frère Adam dira de cette abeille turque, qu’elle possède toutes les qualités de l’abeille noire (vitalité, longévité, instinct d’amassage), sans les défauts (essaimage, agressivité, mobilité au cadre, maladie de couvain)

Ce n’est qu’en 1967 qu’une combinaison d’anatolienne sera incorporée à l’abeille de Buckfast.

Si bien qu’en 1972, la quasi-totalité des abeilles de Buckfast seront de souches anatolienne, ADN mitochondrial de type C (type C : Caucasienne, Anatolienne, Carnica, Cécropia, Ligustica).

En 1971, le Frère Adam est désigné par ses pairs, comme l’un des Vice-Président de l’IBRA (International Bee Research Association).

C’est en juin 1973 qu’il est nommé Officier du O.B.E. par la Reine d’Angleterre Elisabeth II : Officer of the Most Excellent Order of the British Empire

Le 13 mai 1974, il reçoit en Allemagne (RFA) la Croix fédérale du mérite (Bundesverdienstkreuz).

Le 2 octobre 1987, alors qu’il voyage en Afrique à la recherche de la scutellata et de la monticola (Monts Kilimandjaro en Tanzanie et Kenya), il est nommé Docteur honoris causa de la Faculté Agronomique de l’Université de Uppsala.

Cette consécration le touchera profondément car le touche profondément car c’est pour lui la marque officielle du caractère scientifique de ses recherches.

Le 13 juillet 1989, il est nommé Docteur honoris causa de la Faculté Agronomique de l’Université de Exeter (Devon, UK) (Discours de présentation par le Professeur Swanson)[Lien].

Et le 29 Octobre 1989, il donnera une conférence dans le cadre du Congrès des apiculteurs Buckfast à Bordesholm. 

Ces recommandations sont actuellement considérées comme son testament par la communauté des éleveurs d’abeilles Buckfast.[Lien]

2 – Bibliographie Française du Frère Adam :

 (1980) Ma Méthode d’Apiculture

Le Courrier du Livre, Paris, France, éd.; 108 pages. 35 photographies. ISBN 2 7029 0101 8 Traduction de Meine Betriebsweise (1978) : Paul Florence, collaboration Raymond Zimmer et Pierre Toussaint.  Préface de Charles GOETZ

Ce livre est le fruit de soixante années de pratique apicole avec toutes les races connues du monde.  L’auteur fait un exposé général sur l’apiculture telle qu’elle est pratiquée au monastère de Buckfast, c’est-à-dire que chaque détail des équipements, chaque manipulation et chaque aspect de la conduite de la ruche a été étudié de manière à obtenir le meilleur résultat avec le moins d’effort et de perte de temps.

Une des toutes premières tâches de l’apiculteur doit être d’étudier les comportements de l’abeille et de s’y adapter lui-même, s’il souhaite réussir.

Il comporte de plus tout un chapitre sur sa méthode originale de préparer l’hydromel.  Adaptacao para o Portugues Nossa Receita de Hidromel, por Rogério Luis Brochado Abreu.

(1980) A la Recherche des Meilleures Races d’Abeilles.

Le Courrier du Livre, Paris, France, éd.; 192 pages.  Nombreuses photographies. ISBN 2 7029 0090 9 Traduction de Auf der Suche nach den besten Bienestämmen (1966); Edition en Anglais en 1968.

Grâce à de nombreux voyages de recherche effectués depuis 1950, le Frère Adam a apporté une contribution décisive à la connaissance des meilleures races d’abeilles.

Ce livre traite d’un aspect de la science apicole qui, d’un point de vue tant pratique que scientifique, n’avait pas encore été abordé dans un ouvrage similaire.  Le système d’apiculture du Frère Adam doit son succès non seulement à sa profonde connaissance de l’abeille mais aussi à son talent d’organisateur et à ses compétences techniques.  Le Frère Adam est le seul à disposer actuellement d’une telle somme de connaissances sur les différentes races d’abeilles.

Le présent ouvrage sera pour tout apiculteur intéressé par l’élevage, une mine d’informations ainsi que le plus passionnant des récits de voyages accomplis par un apiculteur, aussi bien en Europe qu’au Moyen Orient, en Afrique du Nord, etc.  C’est pourquoi il occupera sans nul doute une place importante dans la littérature apicole contemporaine.

(1985) Les Croisements et l’Apiculture de Demain.

Syndicat National d’Apiculture, Paris, éd.; 128 pages.  Traduction de Die Bienen Züchtung (1982) par MM. Paul Florence et Sitbon, collaboration Raymond Zimmer et Pierre Toussaint.

(1988) The monk and the honeybee (Film)   

DVD ISBN: 1-59458-827-9     

VHS ISBN: 1-56029-014-5

3 – Les qualités de la Buckfast

D’après le Frère ADAM, Les croisements et l’apiculture de demain

Qualités préconisées par le Frère Adam, devant guider l’éleveur de Buckfast dans sa sélection.

Trois groupes de qualités sont requises par le Frère Adam pour son abeille, selon leur valeur économique.

Le premier groupe comprend les qualités essentielles dont dépend le rendement.

Le second, les qualités de moindre importance mais qui ont néanmoins une influence directe sur les performances des colonies.

Le troisième, par contre, comprend les qualités déterminantes sur le plan de la technique d’exploitation.

Bases du rendement : Qualités essentielles.

Fécondité.

    Ce sont les ouvrières qui, à tous les niveaux de la vie de la colonie, sont le gage du potentiel de la ruche. […] Une reine, qui, de fin mai à fin juillet, ne remplit pas de couvain neuf à dix rayons Dadant (46 x 27 cm) ne satisfait pas à nos exigences.

Zèle ou ardeur à butiner.

    Rien ne sert d’avoir des abeilles en grand nombre si elles ne sont dotées d’un zèle infatigable. […] D’un point de vue génétique, une forte consanguinité pour intensifier cette qualité peut avoir une influence très négative sur l’ardeur au travail, au point même de la bloquer.

Résistance à la maladie.

    Une ruche touchée par une maladie quelconque ne peut évidemment jamais donner le maximum possible.

Dans la catégorie « résistance aux maladies et parasites » le caractère hygiénique d’une souche est décisif pour lutter contre les maladies à spores. 

C’est-à-dire la capacité à détecter la maladie et nettoyer les larves et nymphes atteintes, avant que la maladie ne spirale ( développe des spores).

Car si des spores sont présentes, les abeilles nettoyeuses vont répandre la maladie dans toute la ruche.

Dans la même catégorie le caractère de détection et élimination des varroas reproducteurs est également une caractéristique décisive pour l’adaptation de l’abeille.

Aujourd’hui la race Buckfast est l’une des premières à faire l’objet d’un travail de sélection en vue de la rendre résistante au varroa.

D’autres initiatives ont lieu sur la race carnica. Et depuis 3 ans quelques apiculteurs tentent d’appliquer les mêmes méthodes de sélection sur l’abeille noire.

Lenteur à essaimer ou anecballie.

    Pour une exploitation moderne, une lenteur à essaimer significative est une condition préliminaire indispensable. […] 

    D’un point de vue réaliste, une remarquable lenteur à essaimer est préférable à un surplus modeste de récolte. 

Qualités d’importance secondaire

Longévité.

Puissance de vol.

Sens de l’odorat développé.

Sens de la défense.

Résistance aux intempéries, à l’hiver.

Développement printanier.

Sens de l’épargne.

Auto-approvisionnement.

Mode de stockage du miel.

Ardeur à construire.

Tendance à collecter le pollen.

Longueur de la langue.

Qualités importantes pour la technique d’exploitation.

Douceur.

Calme et tenue sur cadre.

Faible utilisation de la propolis.

Régularité des constructions.

Sens de la propreté.

Operculation haute du miel.

Sens de l’orientation.

4 – Buckfast et notion de race

En mariant des abeilles de la même race on obtient la même race, c’est-à-dire que l’on constate que les caractéristiques de la race sont préservées.

Lorsqu’on reproduit une Buckfast avec une autre Buckfast, on obtient une Buckfast c’est à dire une abeille dont les caractéristiques sont celles qui ont été sélectionnées méthodiquement et regroupées dans la Buckfast, de la même manière que l’aurait faite la nature. Ainsi la Buckfast est une race d’abeilles. Comme pour toutes les autres races d’abeilles, il existe des variations selon les éleveurs ou les groupes d’éleveurs, car chaque sélection est orientée pour rester adaptée à  l’environnement. On peut ainsi parler d’écotype de Buckfast.

Il est totalement illusoire de penser qu’une race d’abeilles puisse être adaptée et autonome dans tous les biotopes et sous tous les climats.

Le Frère Adam nous a montré la voie :

Sélectionner et maintenir des caractéristiques d’une abeille en lignée pure et en parallèle réaliser des combinaisons de croisements pour aller chercher d’autres caractéristiques utiles. Ce n’est qu’après l’élimination progressive des défauts, que ces caractères peuvent être intégrés à la Buckfast, toujours pour continuer et maintenir son adaptation à son environnement.

L’œuvre du frère Adam est monumentale avec des lignées d’abeilles de près de 60 ans et le développement d’une communauté apicole internationale œuvrant pour les mêmes concepts d’optimisation de leurs abeilles par rapport au milieu dans lequel elles évoluent.

“Notre but final est de produire une abeille qui nous donnera récolte moyenne constante maximale avec un minimum d’effort et de temps de notre part.” Ainsi Frère Adam définissait-il en 1952 sa quête.

La mondialisation des activités humaines induit une mondialisation de la génétique , des maladies et parasites. 

Lorsque plusieurs races d’abeilles sont regroupées géographiquement, les croisements incontrôlés engendrent des abeilles hybrides qui ne sont pas nécessairement adaptées à l’environnement dans lequel elles évoluent. Comme l’Homme intervient constamment pour combler leurs carences ( traitements, nourrissement, compléments alimentaires…) elles ne s’adaptent jamais, d’autant plus que l’introgression génétique ne cesse jamais. 

Ainsi peut-on considérer que l’abeille Buckfast est une race d’abeilles vertueuse dont les qualités ont été assemblées patiemment afin de regrouper des caractéristiques économiques et de rusticité qui sont maintenues par une sélection impitoyable, comme la nature le ferait.

Ceci implique un contrôle total des fécondations qui peuvent être organisées sur des îles, soit en procédant par insémination instrumentale.

L’élevage des abeilles Buckfast continue de s’écrire sur la philosophie de Frère Adam : “Donne sans attendre de retours”. Cette communauté reste liée par le partage de ses souches et de son savoir technique.

La communauté, très active, regroupe de nombreux éleveurs apicoles qui continuent de s’échanger de nouvelles souches et d’améliorer ainsi la génétique de leurs abeilles.

Les pedigrees de ces éleveurs sont regroupés sur Index Mellifera

5 – La Buckfast en Ile de France ? Les engagements de notre entreprise apicole.

5.1. Dans la continuité de Frère Adam :

Très séduite par la philosophie du Frère Adam, notre entreprise apicole a développé un cheptel essentiellement composé de reines Buckfast toutes issues d’éleveurs implantés en île de France.

Le long travail de sélection par les meilleurs éleveurs franciliens, nous permet aujourd’hui de disposer de colonies d’abeilles très bien adaptées à notre région.

5.2 Pourquoi choisir nos abeilles ? :

Toujours très douces, peu essaimeuses et très productrices, les Buckfast que nous vous proposons proviennent de reines sélectionnées dans le cadre d’un programme de recherche sur la sélection d’abeilles résistantes au varroa. Ce programme national dont nous sommes partie intégrante regroupe au sein du CETA Mellifera, un pôle d’apiculteurs performants qui œuvrent tous dans un but commun et partagent l’intégralité de leurs connaissances et compétences en la matière.

Toutes les années de recherche ainsi mises à profit ont permis l’identification de reines 100% résistantes au varroa ; ce qui constitue une avancée majeure compte-tenu du fléau engendré par ce parasite venu d’Asie. Les filles de ces reines consacrées au programme de recherches ont donc la particularité d’être très hygiéniques et fortement résistantes au varroa.

Au sein de notre exploitation, nous nous engageons à pérenniser ce travail de sélection.

Par ailleurs, nous avons à cœur de ne proposer à l’achat que des abeilles Buckfast car cette abeille est véritablement l’abeille idéale pour débuter en apiculture. 

Elle est très douce et très résistante aux intempéries propres à l’île de France. De plus, elle développe une population très importante dès le printemps ce qui permet à l’apiculteur d’obtenir dès la première année d’installation une très belle récolte.

Tout au long de la haute saison, sa population ne cesse de se multiplier et peut atteindre les 80000 individus !

Avec sa jolie couleur jaune si caractéristique (elle la doit à l’une de ses ancêtres ;l’abeille italienne), et son excellent carctère (il existe très peu d’abeilles aussi douces), elle est plébiscitée par les éleveurs professionnels. 

Elles constituent vraiment un allié pour les apiculteurs débutants qui se montrent souvent un peu hésitants pour débuter leur première saison. Elle est toujours énormément appréciée et ces derniers ne regrettent jamais leur choix !  

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